Je croyais mon cĆur assagi, Ă lâabri des brĂ»lures et des Ă©lans insensĂ©s. Je le croyais trop marquĂ© par le temps pour sâembraser encore. Et pourtant⊠il a suffi dâun seul de tes regards pour que mes certitudes sâeffondrent. Tout Ă coup, il sâest mis Ă battre comme Ă ses premiers Ă©mois, avec la fougue innocente dâun amour naissant, avec la tendresse fragile dâun rĂȘve quâon nâose Ă peine effleurer. Ton passage dans ma vie fut comme un souffle de printemps, effaçant dâun seul geste les longs hivers de mon Ăąme. Un vertige doux, une ivresse subtile, une lumiĂšre inattendue. Tu es lâhistoire que je chĂ©rierai au-delĂ de toutes les autres â la plus belle, mais aussi la plus dĂ©chirante. Jâaurais voulu tâenfermer au creux de mes bras comme on garde un secret prĂ©cieux, Ă lâabri des morsures du temps. Mais la vie, souveraine et capricieuse, nâa voulu mâoffrir que lâĂ©clat furtif dâune rencontre, la caresse dâun possible suspendu. Elle nâa permis quâun instant, mais cet instant contenait lâĂ©ternitĂ©. Alors je repars le cĆur apaisĂ©, mais ourlĂ© dâune douce mĂ©lancolie. Le sourire que je porte cache le vertige dâavoir effleurĂ© lâinfini sans jamais pouvoir le retenir. Et dans le sanctuaire secret de mon cĆur, je conserverai Ă jamais lâĂ©clat de ce miracle : une Ă©motion rare, une fulgurance de beautĂ©, une Ă©tincelle dâĂ©ternitĂ© que nul ne pourra jamais mâarracher. See more